Administrer de la dopamine au donneur améliorerait le pronostic de la transplantation cardiaque

A confirmer ...
dimanche 19 février 2012
par  Pierre PETITGAS
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Il y a près d’un demi siècle (1967) le Pr Barnard réalisait la toute première greffe cardiaque chez l’homme. Il sera suivi l’année suivante par le Français Christian Cabrol.

Comme dans les tous autres domaines de la médecine, les techniques se sont depuis bien améliorées.

Il a ainsi été démontré que l’administration, avant le prélèvement, de dopamine au sujet en état de mort cérébrale améliore la fonction du greffon après transplantation rénale.

Un travail prospectif européen a été mené afin de savoir si l’administration de dopamine pouvait avoir un intérêt en transplantation cardiaque.

Sur les 264 donneurs correspondant aux critères d’inclusion, 124 ont été randomisés dans le groupe dopamine (4 µg/minute/kg) et 140 dans le groupe contrôle.

Il est apparu clairement que la survie à 3 ans était meilleure dans le groupe dopamine (87 % versus 67,8 % ; p : 0,03).

Une hémodialyse s’est avérée moins fréquemment nécessaire chez les transplantés dont les donneurs avaient reçu de la dopamine (21,7 % versus 40,4 % ; p : 0,05).

Il a été montré dans les analyses de régressions multiples que, concernant la nécessité d’une hémodialyse post transplantation, l’administration de dopamine au donneur avait un effet protecteur (odds ratio [OD] 0,38 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,15-0,97 ; p : 0,04) mais que l’insuffisance rénale du donneur était de mauvais pronostic (OR : 3,03 ; IC : 1.12-8.19 ; p : 0.03).

Les taux de défaillance cardiaque ou de signes histologiques de rejet aigu à la biopsie n’ont pas été significativement différents entre les deux groupes. Il n’en demeure pas moins que la « défaillance » du ventricule gauche après la transplantation (évaluée à l’échographie) ou la nécessité d’une hémodialyse étaient deux puissants marqueurs de risque de décès (hazard ratio [HR] : 4,95 ; IC : 2,08-11,79 et HR : 2, 83 ; IC : 1, 2-6,69 ; respectivement).

Après de multiples ajustements, il semble que l’administration de dopamine chez un sujet donneur en état de mort cérébrale réduise des deux tiers la mortalité des receveurs de greffe cardiaque à 3 ans (HR : 0,33 ; IC : 0,12-0,89 ; p : 0,03).

A confirmer.


Source : Le Journal International de la Médecine - Dr Olivier Meillard


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