Cellules souches : l’audition publique de l’OPECST

lundi 1er février 2010
par  Pierre PETITGAS, Yolande BERTRAND-LABORDE
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Quelques jours après la sortie du rapport parlementaire sur la révision des lois de bioéthique, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST  ) a effectué une audition publique sur la recherche sur l’embryon et les cellules souches   embryonnaires mercredi 27 janvier 2010.
Cette audition publique visait à répondre à la deuxième saisine de l’OPECST   formulée dans la loi relative à la bioéthique de 2004 qui prévoit que "l’Agence de la biomédecine et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques établissent chacun un rapport évaluant les résultats respectifs des recherches sur les cellules souches   embryonnaires et sur les cellules souches   adultes afin de permettre un nouvel examen de ces dispositions par le Parlement". Elle intervenait dans la continuité des travaux de l’OPECST   sur la bioéthique.

Rapport OPECST Les organisateurs de cette audition, Alain Claeys, député de la Vienne, et Jean-Sébastien Vialatte, député du Var, attendaient de celle-ci qu’elle permette de faire le point quant aux recherches sur les cellules souches  , sur leurs évolutions récentes et sur les perspectives qu’elles ouvrent, tant thérapeutiques que cognitives.
Il s’agissait aussi de se pencher sur les régulations qu’elles impliquent.
Claude Birraux, président de l’OPECST   et député de Haute-Savoie, Alain Claeys et Jean-Sébastien Vialatte sont intervenus pour dresser l’état des lieux des recherches sur les cellules souches  .
Plusieurs tables-rondes étaient organisées.


- L’une sur le thème « État des connaissances : quels enjeux scientifiques et éthiques ? » a fait intervenir Mme Nicole Le Douarin, membre de l’Académie des sciences et professeur au Collège de France, Mme Laure Coulombel, directrice de recherche à Inserm, M. Pierre Jouannet, praticien hospitalier consultant en biologie   de la reproduction à l’hôpital Cochin et professeur des universités, et Mme Anne Fagot-Largeault, professeur au Collège de France. Mme Laure Coulombel a déclaré « indispensable de maintenir la diversité des sources de cellules souches   » soulignant que les enjeux en la matière sont internationaux.


- Une autre table-ronde réunissait, entre autres, autour du thème « Avancées thérapeutiques et essais cliniques : quels brevets ? »
Le Pr Menasche, chirurgien cardiaque à l’hôpital Georges Pompidou et Mme Hélène Gaumont-Prat, professeur de droit à l’université Paris-VIII, directrice du laboratoire de droit médical et droit de la santé, ancien membre du Comité national consultatif d’éthique. Philippe Menasche a annoncé un prochain essai clinique avec des cellules souches   embryonnaires pour traiter l’insuffisance cardiaque. Jusqu’à aujourd’hui, aucun essai clinique avec des cellules souches   embryonnaires n’a été réalisé dans le monde.


- Le Pr Marc Peschanski, directeur scientifique de I-Stem a pour sa part mis en avant, lors de la table ronde intitulée « Thérapies du futur : quelles perspectives ? » la possibilité d’utiliser des cellules souches   embryonnaires pour modéliser des maladies, pour rechercher des traitements ou « pour tester l’innocuité de médicaments, voire de cosmétiques, sur du ’vivant ». Une dernière discussion portant sur la question de la régulation à trouver pour ces recherches a, entre autres, regroupé M. Jean-Claude Ameisen, président du Comité d’éthique de l’INSERM, Mme Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice générale de l’Agence de la biomédecine, et Mme Joana Namorado, médecin à la direction générale de la recherche de la Commission européenne. La plupart des chercheurs ont fait part de leur volonté d’examiner les différentes voies de recherche concernant les cellules souches  , qu’elles soient des cellules embryonnaires (CESh), des cellules adultes reprogrammées ou des cellules pluripotentes induites (iPS). En dépit des problèmes éthiques qu’elles soulèvent, ils considèrent que les CESh peuvent faire avancer les progrès dans le traitement de nombreuses maladies à condition de savoir les faire se différencier exactement comme on le souhaite. Quant aux cellules iPS qui apparaissent comme une « alternative éthiquement correcte », les chercheurs estiment que leur sécurité et leur fiabilité sont encore peu connues. Ils souhaitent donc la poursuite des recherches dans les deux voies pour donner toutes les chances à la recherche.


Les Echos.fr 28/01/10 - Gènéthique


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