Don d’organes : De l’énergie et de l’amour

jeudi 22 juillet 2010
par  Yolande BERTRAND-LABORDE
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C’est une longue histoire.

Au début, Alain C. n’a pas de souvenirs précis. Il était tout petit et faisait infection sur infection aux dires de son entourage. Difficile de diagnostiquer précisément de quoi il souffrait vraiment car un bébé ne peut exprimer clairement ce qu’il ressent.
La marge d’erreur est immense et lui-même parle d’un "terrain abîmé" et de "dégradation rénale".

À 18 mois, il fait une septicémie qui a pour conséquence un lent travail d’érosion.
Il y a 7 ans, la fonction rénale est extrêmement faible. Alain est en proie à une immense fatigue, sa tension est anormalement élevée, il est anémié. Il a d’insupportables crampes musculaires, longues, intenses, qui l’épuisent.

Il ne le sait pas encore, mais toute la famille avait fait des tests de compatibilité. Sa soeur Odile est justement compatible. "J’ai une soeur formidable, elle m’a offert un rein et j’ai même pu échapper à la difficile épreuve de la dialyse grâce à elle" dit-il avec émotion.

Le protocole a été scrupuleusement respecté : un long chemin avec beaucoup d’étapes et une volonté sans faille de sa soeur qui ne pouvait supporter de voir la dégradation physique de ce frère qu’elle aimait profondément. L’opération a eu lieu au bout d’un an à l’hôpital Foch (Suresnes).

Son père exprime une logique réaction d’inquiétude pour ses deux enfants qui courent ensemble un risque à ses yeux. Il considère que c’était à lui de donner mais Alain voit les choses autrement. Sa réponse est catégorique "logiquement tu partiras avant moi et avoir ton rein alors que tu es mort ne me serait pas supportable".

Tout s’est bien passé pour le frère et la soeur qui saluent la compétence de l’équipe et de l’ensemble du personnel "ils sont optimistes, ça vous porte !" dit Alain et Odile ajoute "si c’était à refaire, je le referais et j’en suis fière !"

Pour Alain, c’est une deuxième vie que sa soeur lui a donnée et "ça donne à réfléchir... Qu’est-ce qu’on en fait ? Le protocole est lourd, prenant, mais après la greffe  , j’aurais aimé avoir les coordonnées d’un psy..."

"C’est une part de réussite, d’énergie, d’amour, d’irrationnel..." conclut-il.


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